Stephan thoss fait son Sacre du printemps : mon compte-rendu

Publié le 14 Décembre 2015

Stephan thoss fait son Sacre du printemps : mon compte-rendu

J’avais parlé de ce spectacle de Stéphan Thoss que j’avais vu il y a peu dans l’article sur Le corps du ballet national de Marseille. Je souhaitais ici tirer au clair ce qui ne m’avait pas vraiment plus dans cette adaptation de l’œuvre de Stravinski. Je l’ai vu en novembre, à l’Opéra du Rhin.

Il faut savoir que cette œuvre, présentée à Paris en 1913, a suscité le scandale, le public n’appréciant pas le style déjà contemporain du danseur et chorégraphe Vaslav Nijinski, et la partition de Stravinski. D’où son surnom de « Massacre du printemps ». Du chemin a été fait, et aujourd’hui, même si l’on a plus de traces de la chorégraphie originale, il reste la musique. Le sacre du printemps est maintenant l’un des ballets les plus célèbres au monde.

Tout d’abord, Stephan Thoss n’a pas servi l’œuvre seule, il a présenté avant cela La chambre noire, chorégraphie et mise en scène très « dark », et pour cause : l’ensemble devait signifier l’univers, la matière noire et la matière blanche, l’infini… Cela explique ce danseur habillé d’un pantalon blanc, ne quittant jamais la scène, tandis qu’autour de lui déambulent d’autres danseurs et danseuses, habillés de noir, qui rentrent, sortent, et sont à la limite de la lutte avec notre danseur blanc. La chambre noire laissait paraître que Le sacre du printemps serait également un ovni artistique réussi…

Stephan thoss fait son Sacre du printemps : mon compte-rendu

…Malheureusement, je n’ai pas été comblé. Le sacre du printemps de Stephan Thoss se résume à une chorégraphie sur la musique originale d’Igor Stravinski. Le problème ne vient pas du fait que la musique n’ait pas été jouée par un orchestre dans la salle mais enregistrée, mais de ce que la chorégraphie ne représente plus que la musique. Les danseurs, hommes et femmes, habillés tous du même justaucorps gris, sont en quelque sorte les instruments de la musique, par leur chorégraphie calée sur cette dernière. C’est dommage, en danse contemporaine, il peut être intéressant de se libérer du rythme de la musique. Je ne remets pas en cause le talent des danseurs, dont la technique est remarquable, (Quoique, me dit une connaissance qui a vu le spectacle : apparemment, certains avaient du mal à suivre la musique…) mais plutôt le choix de Stephan Thoss. Sacre ? Printemps ? Rien à priori ne les évoquent. Pas cette structure en bois et en métal au milieu du plateau, qui évoque au mieux un building. Pas la chorégraphie, qui ne rappelle pas l’argument original de l’œuvre, avec le sacrifice de l’élue. Encore moins ces costumes gris et cet éclairage du dessus, faisant disparaître le visage des danseurs.

En bref, j’avoue m’être beaucoup ennuyé. Tel qu’il était présenté, le spectacle s’adressait probablement plus à un public féru de danse. En plus de cela -je sais qu’il est mal vu de critiquer des œuvres reconnues-, j’ai eu du mal avec la musique du Sacre du printemps, très contemporaine malgré les apparences. Après, comme dit, cela peut plaire, ce n'est que mon avis. Mais j'ai préféré La chambre noire.

Ayant vu trois spectacle de danse contemporaine ces derniers temps, attendez vous à en voir débouler une troisième (et dernière) critique.

Rédigé par Dooh

Publié dans #Danse, #Critiques

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